Samuel Lepine

Université Lyon 3

Philosophy of emotions and moral psychology

  • 2018 - Une bonne intelligence artificielle doit-elle pouvoir s’émouvoir ?

    Si vous deviez créer une intelligence artificielle, la programmeriez-vous de telle sorte qu’elle puisse aussi éprouver des émotions ? Que nous apportent réellement les émotions, et seraient-elles vraiment nécessaires au bon fonctionnement d’une intelligence artificielle ? De nombreuses personnes, tout comme certains philosophes, considèrent parfois que la vie serait bien meilleure sans émotions (Shaffer, 1983). Celles-ci, en effet, nous font souvent agir d’une façon apparemment irrationnelle. La colère, par exemple, nous conduit à formuler des remarques blessantes que nous regrettons aussitôt, l’embarras peut nous rendre maladroits en société, et l’angoisse nous amène à accorder trop d’importance à des détails complètement anodins. A cela s’ajoute encore le fait que certaines émotions, comme la honte ou la culpabilité, sont tout simplement désagréables à éprouver. De ce point de vue, nous envions parfois le calme et la rationalité parfaite de certains personnages fictionnels comme Monsieur Spock. En suivant cette approche, il serait donc tentant de penser qu’une intelligence artificielle optimale fonctionnerait bien mieux indépendamment de toute émotion.