Rencontre avec Pablo Pernot, coach agile


par Romain, le 10 avril 2012


Nous nous sommes entretenus avec Pablo Pernot qui animera la session "Anatomie d'une mission agile, saison 2"


L'équipe MiXiT : Peux-tu nous dire qui tu es ?
Pablo Pernot : Qui suis-je ? ouh là. Euh ... dans le contexte de MiXiT je suis surtout un intervenant "agile" qui vient faire part de son expérience, d'une expérience en tous cas. Mais sinon je suis plutôt un homme heureux, père de deux merveilleux enfants, amoureux de sa femme, ayant beaucoup de plaisir à cultiver une attirance pour quelques instruments "has been" comme la flute irlandaise ou le banjo old time. J'ai eu la chance d'avoir un parcours atypique qui m'a permis de faire des lettres et de la philosophie plutôt que des maths ou ce genre de trucs. En ce moment je concrétise la liberté que j'ai pu gagner en faisant grandir une petite société de conseil avec Christophe Monnier & Gilles Pommier Smartview.

L'équipe MiXiT : L’agilité vient de dépasser la phase de buzz, mais tout le monde ne choisit pas ces méthodes. Quels sont encore les freins que tu rencontres au quotidien ?
Pablo Pernot : Attention, si le succès de l'agile a fait disparaître certains freins il en a fait apparaître d'autres. L'effet de mode est source de confusion. Cependant il est certains que le succès aidant, nous sommes allés plus loin avec agile. Et donc des questions plus vastes se posent : comment concilier l'état d'esprit agile avec l'organisation, sous-entendu comment changer le management ou quels sont nos rapports avec les aspects budgétaires à grandes échelles : actionnariat, plan 3/5/7ans, stratégie d'entreprise, etc. ?
Au quotidien la question que je me pose le plus fréquemment actuellement est : comment motiver les gens, ou plutôt comment changer l'état d'esprit des gens ("agile is a mindset"), et encore : faut-il vouloir changer l'état d'esprit des gens, n'est-ce pas là une intrusion trop violente ? Donc où s'arrête la méthode orientée vers la réussite des projets, où commence une forme de manipulation psychologique pas forcément très/toujours judicieuse ...

L'équipe MiXiT : Quels sont pour toi les facteurs de réussite d’une transition agile ?
Pablo Pernot : Mais c'est l'un des sujets de ma session :) passez voir. En quelques mots : de véritables raisons pour prendre le chemin agile, une réelle sensibilisation et un soutien fort du management, du piment pour provoquer le changement : du sang neuf, un œil extérieur, etc. Mais le terme "réussite" est souvent un piège. Ce n'est pas soit une réussite soit un échec, c'est toujours plus "gris", et surtout ce n'est jamais définitif : c'est en mouvement constant.


L'équipe MiXiT : On entend parfois que “l’agile ce n’est pas possible dans mon contexte”, que leur réponds-tu ?
Pablo Pernot : Pour l'instant je n'ai jamais rencontré, ni entendu évoquer un contexte qui ne serait pas réalisable en agile. Je caricature : "Waterfall" (modèle en cascade) estime que le monde est parfait (puisque l'on peut tout préparer, anticiper), et agile que le monde n'est pas parfait (puisque l'on devra/pourra s'adapter). Donc si vous avez un monde parfait je veux bien croire que agile ne s'y prête pas.