Interview des Human Coders


par Agnès, le 17 avril 2013


Nous sommes très heureux d'accueillir sur MiXiT Camille des Human Coders. Il va nous parler de Lean Startup...


Qui a créé Human Coders, et quel est votre parcours ? En quoi consistent vos activités ?

Camille Roux : Nous sommes deux à l’origine de Human Coders, Matthieu Segret et moi-même Camille Roux. Nous sommes tous les deux ingénieurs en informatique. Nous nous sommes connus durant nos études à Polytech’Nice Sophia.

Nous avons créé Human Coders afin de partager notre passion d’apprendre.

Nous aidons les développeurs à rester à jour grâce à des formations (Human Coders Formations) et un site d’actualité collaboratif (Human Coders News). Nous avons ajouté à cela un site d’offres d’emploi (Human Coders Jobs) afin de leur proposer des offres comme nous aurions aimé en recevoir lorsque nous en avions besoin.


**Pourquoi avoir retenu le Lean Startup comme modèle plutôt qu'une autre approche d'entrepreneuriat ?**

Camille Roux :Le Lean Startup est très adapté aux situations où la réalisation d’un prototype prend peu de temps.

Par exemple, la réalisation de la V1 de Human Coders Jobs nous a pris 2 semaines. Il serait dommage dans un tel cas de passer par la classique et longue étude de marché dans un tel cas.

Le Lean Startup permet la découverte d’un besoin et d’un marché avec beaucoup de pragmatisme. Cette approche passe toujours par des étapes de validations afin d’éviter de baser son business sur de fausses hypothèses, ce qui fait gagner beaucoup de temps.


**En quoi le Lean Startup vous aide dans le développement de votre société ?**

Camille Roux :Au départ, comme tout développeur qui veut se lancer, nous avions pensé à proposer du service. Mais, quitte à monter une société, nous voulions en profiter pour changer un peu plus notre quotidien et surtout partager certaines convictions que nous avons.

Le Lean Startup nous a permis de tester de nombreuses idées que nous avions au départ et surtout d’éviter de partir tête baissée dans une idée sans l’avoir testée.

Cette approche nous a permis d’innover sur notre business model, par exemple en utilisant le site d’actualité pour nous faire connaître.

Encore aujourd’hui, dès que nous souhaitons ajouter une fonctionnalité ou modifier un prix, nous passons toujours par l’étape de validation préconisée par le Lean Startup.


**Pensez-vous que le Lean Startup se démocratise ou est-ce encore un domaine trop confiné ?**

Camille Roux : Fréquentant beaucoup les Startup Weekend et autres événements entrepreneuriaux, j’ai l’impression que le Lean Startup s’est démocratisé dans ce milieu. Je constate que la plupart des gens ont cependant une idée assez floue de l’approche. Ils la résument souvent à un peu de pragmatisme et un Business Model Canvas sur un mur.


**Que diriez-vous à un développeur qui se dit que lancer un produit est trop difficile ? Qu’il n’a pas les épaules ?**

Camille Roux : Je répondrais qu’il a raison. Oui, c’est difficile ! Oui, c’est risqué ! Mais qu’est-ce que c’est bon :)

Plus sérieusement, le marché est très favorable aux développeurs aujourd’hui. A tout moment, si la boite marche pas, il est possible de retrouver un emploi sûr et bien payé rapidement.

Ensuite, il y a des moyens de se préparer. Il y a des bons livres à lire : Running Lean, La semaine de 4 heures, Business Model Generation... On peut participer à des événements comme les Startup Weekend pour s’entrainer...

Enfin, l’expérience est on ne peut plus enrichissante. En un an, nous avons rencontré des centaines de gens passionnants, nous avons participé à de nombreux événements, nous avons animé des conférences sur des sujets qui nous tiennent à cœur, nous avons écrit plus d’une centaine d’articles... Nous avons également fait de la communication, du marketing, du business, de la compta, du développement... De plus, et c’est le plus important, nous avons rendu des gens heureux en les formant à des technos qui ont changées leur façon de penser, en les aidant à trouver un emploi plus épanouissant, en leur faisant découvrir de nouvelles technos ou bibliothèques...

C’est un plaisir de travailler lorsqu’on se sent utile.